Courant de pensée apparu après la seconde guerre mondiale et porté par des intellectuels et scientifiques, le transhumanisme propose d’améliorer la condition humaine grâce à l’usage des sciences et technologies bioniques dites NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, sciences de l’Information et sciences Cognitives) pour éradiquer ses corollaires indésirables comme le handicap, la maladie, le vieillissement ou même la mort.

En ce début de XXIème siècle, ce mouvement progressiste social connait un regain d’intérêt du fait des récentes avancées dans les domaines des neurosciences, de l’intelligence artificielle et des biotechnologies. Des expérimentations scientifiques de cerveau connecté, homme augmenté, ou encore de manipulations génétiques, tendent à banaliser la promesse utopique de transformer durablement la condition biologique et sociale de l’homme. Mais ce nouvel élan s’accompagne d’une vision mercantile assumée en particulier par les géants d’Internet qui consacrent des moyens financiers conséquents au développement d’interfaces cerveau-machines, d’assistance biomécatronique, ou d’avatars immortels, ce qui pose de nombreuses questions. Reste-t-il des verrous scientifiques à notre connaissance du fonctionnement de l’homme dans le but de son perfectionnement? Ce projet de dépassement des finitudes humaines est-il un progrès ou un recul pour l’homme ? Doit-on, pour éviter de nous laisser dépasser par la machine, devenir des machines au risque de perdre notre humanité ? L’accès à ces augmentations sera-t-il réservé à une élite et aggravera-t-il les inégalités ? Quelle sera la place de l’homme 2.0 dans nos sociétés ?

Entre ambition, illusion, fantasme ou réalité, nous chercherons à identifier quels sont les freins scientifiques, philosophiques, juridiques et économiques à ces évolutions, et nous discuterons des problèmes éthiques et sociétaux que cela pose avec une série d’experts de ces domaines.