La cause serait entendue : en l’état, le monde va droit dans le mur. Le monde économique est engagé vers une crise financière majeure et finale. De nombreux pays tombent dans le nationalisme (parfois religieux) fanatique. Les jeunes des pays émergents sont voués à la ruée migratoire vers une Europe elle-même menacée par l’explosion populiste. On n’a jamais connu un tel creusement des inégalités. La destruction de l’environnement va conduire l’humanité, et toutes les espèces vivantes, à (sur)vivre dans des conditions nouvelles et difficiles.

Mais la planète Terre en 2020 est plus agréable à vivre que celle du siècle dernier. Les progrès de la médecine ont permis de traiter la plupart des maladies. En France, les maladies comme la variole et la poliomyélite sont éteintes ou en voie de disparition. La mortalité infantile a diminué drastiquement en passant de 6,5% à 2,9% ces 17 dernières années selon les données de la Banque mondiale. Les 80 dernières années ont connu une stabilité relative sans une nouvelle guerre d’ampleur mondiale pouvant entrainer des dizaines de millions de morts comme ce fut le cas au cours de la première moitié du siècle passé. Sur les deux derniers siècles, le nombre de démocraties n’a eu de cesse d’augmenter. De plus en plus d’États renoncent à la peine de mort. Parallèlement à cette stabilité politique, la grande pauvreté baisse et l’espérance de vie augmente dans le monde. La proportion de personnes vivant sous le seuil international de pauvreté (1,90 dollar par jour) est passée de 80% en 1820 à 35% en 1990 pour finalement tomber sous la barre des 10% en 2015.

Alors pourquoi ce pessimisme ? Est-il justifié ? Quelles sont encore les raisons d’espérer ? Comment ne pas sombrer dans un catastrophisme paralysant ? Comment appréhender ces différentes épreuves collectives ? Comment aller au-delà à son échelle ? Quels nouveaux imaginaires et quelles nouvelles constructions sociales ? La technologie sera-t-elle auto-réparatrice ?